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L’inserm se sert de cobayes pour justifier l’eugénisme sarkozyste

jeudi 3 mai 2007, par refusadn

POURQUOI L’INSERM A-T-IL BESOIN D’ETUDIANTS COBAYES ?

L’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) vient de mener une enquête auprès des les jeunes majeurs scolarisés dans l’enseignement supérieur (au moins dans les lycées et les IUT) en Champagne-Ardenne. On parle d’un échantillon de 4000 jeunes majeurs. Cette enquête, confiée à l’Organisme Régional de la Santé (ORS), s’appelle « SAGE » et a reçu bien évidemment l’accord du Recteur de l’Académie. De quoi s’agissait-il ? Il s’agissait, pour ces étudiants majeurs de remplir un « auto-questionnaire » portant sur leur situation sociale, familiale et scolaire, l’existence éventuelle d’une dépendance par rapport à une quelconque drogue, leurs habitudes de consommations, leurs antécédents familiaux, leur niveau habituel d’impulsivité, leur éventuel état dépressif, leur éventuelle déviance sexuelle, ... sans oublier l’éventualité de violences sexuelles subies dans leur enfance. Ce long questionnaire (quarante cinq minutes prévues pour y répondre) est accompagné ... d’un prélèvement de leur ADN ! ! ! Pour l’INSERM, le but de cette enquête est d’étudier « l’interaction entre facteurs environnementaux et facteurs génétiques » (extrait de leur propagande distribuée aux élèves juste avant de passer aux choses sérieuses...) Mais, ne vous inquiétez pas : tout ceci est anonyme... et l’INSERM, pour rassurer ce public, définit l’anonymat en ces termes : « Les personnes de votre entourage n’auront donc jamais connaissance de vos réponses »... comme si l’anonymat ne concernait que l’entourage ! En fait, ces étudiants étaient invités à donner, dans une enveloppe cachetée, leur nom, leur adresse et leur numéro de sécurité sociale s’ils acceptaient une réévaluation dans 3 ans. En effet, l’INSERM affirme que cette enveloppe ne sera décachetée que dans 3 ans. Avec quelles garanties et quels contrôles ? ... Cette enquête a été déclarée à la CNIL ce qui a fait croire à certaines administrations de lycées que la CNIL aurait donné son autorisation alors que celle-ci, depuis 2004, n’est plus qu’une chambre d’enregistrement en ce qui concerne tous les projets de l’Etat et de ses administrations. Les jeunes pouvaient refuser... encore faut-il avoir été au préalable bien informé, avec contre-informations et débats. En fait, personne (étudiants, profs, ...) n’a été préalablement mis au courant du contenu de cette enquête. Tout s’est fait en catimini : Les profs, concernés par leur heure de cours supprimée, ont été prévenus la veille avec pour simple information qu’il s’agissait d’une enquête de l’INSERM faite en accord avec le Rectorat. Les élèves n’ont découvert l’existence de cette enquête qu’au moment de s’asseoir en cours. C’est ainsi que la majorité des élèves visés se sont fait piéger. Deux exceptions tout de même. Dans un lycée rémois le proviseur a voulu imposer la présence obligatoire des étudiants. Dans un autre, l’information est passée un peu avant. C’est dans ces 2 lycées où les étudiants ont pu en discuter auparavant, que beaucoup d’entre eux ont refusé cette enquête. D’ailleurs, devant le remue-ménage que cela commençait à provoquer, l’ORS s’est décommandé au dernier moment dans l’un de ces deux lycées. On peut même raisonnablement soupçonner cet organisme exécutant (l’ORS) d’avoir commandé à France 3 Champagne-Ardenne un reportage/propagande juste avant que cette enquête se termine. Des interrogations et des certitudes. Cette enquête n’est pas répertoriée comme « enquête en cours » sur le site Internet de l’INSERM. De plus, la discrétion entourant le lancement de cette enquête, voulue par les administrations des établissements scolaires, ne peut que nous interroger. Dans un conseil d’administration d’un lycée, il fut dit et écrit dans le compte-rendu qu’il s’agissait d’étudier « l’effet de l’absorption de substances psycho-actives sur l’ADN » et non pas de déterminer par l’ADN telle ou telle déviance. Bizarre, non ? ! Je n’y connais rien en génétique mais je pensais que notre ADN ne se modifiait pas le temps de notre vie et que c’était un moyen de nous identifier (au même titre que notre empreinte digitale). Je dois me tromper car l’affirmation reproduite ci-dessus émane d’un Conseil d’administration d’un lycée technologique où on enseigne la biologie... En fait l’INSERM s’est officiellement caché derrière une soi-disant étude de l’interaction entre « facteurs environnementaux et facteurs génétiques ». Il est fort probable que ces chercheurs vont finalement essayer de mettre en évidence une quelconque déformation de gênes pouvant expliquer tel ou tel comportement, telle ou telle consommation hors normes... Cette enquête rentre très certainement dans le délire actuel du déterminisme génétique, repris récemment pas Sarkozy à propos des pédophiles et des jeunes suicidaires. L’INSERM semble vouloir reprendre des théories sur le déterminisme génétique développées notamment aux Etats Unis et en Angleterre où toute une école de chercheurs essaient de prouver « scientifiquement », depuis déjà des décennies, que les gènes président à la plupart des comportements humains ; l’environnement familial, social, culturel, n’influant qu’à la marge. L’INSERM n’en est pas à son premier essai puisqu’il préconisait dans un rapport publié en 2005 de rechercher chez l’enfant, dès l’âge de trois ou quatre ans, les signes «  prédictifs » d’une délinquance future. Ce rapport a d’ailleurs été repris par Sarkozy dans son projet de loi sur la prévention de la délinquance puis il a dû le supprimer devant la mobilisation du collectif « Pas de zéro de conduite ». Dans le cadre de cette enquête « Sage », nous pouvons nous interroger sur le devenir de ces prélèvements ADN. Les jeunes n’ont aucune garantie qu’ils ne finissent pas dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) d’autant plus que l’objectif du pouvoir est, à termes, de ficher toute la population. Les jeunes qui s’estiment s’être fait piéger par cette enquête peuvent (paraît-il ) écrire à tout moment à l’investigateur principal de cette enquête (Pr. Philip Gorwood) et exiger que leur empreinte génétique soit détruite ainsi que l’enveloppe cachetée qu’ils ont rempli. Nous ne pouvons que les encourager à le faire. Mais avec quelle certitude ? Quel contrôle ?

Source : http://journal-lechatnoir.site.voila.fr